Suis-je méchante ?
"Le prix de la parole libre"
Hier j’ai écrit cette bafouille en story :
Vous avez été nombreuses à saluer mes propos et je vous en remercie (et sachez que je ronge encore mon frein en n’évoquant pas les tarifs pratiqués dans le milieu — cela risquerait, sans doute, de heurter certaines âmes sensibles… et pourtant sensées.).
Mais il a fallu qu’un message vienne faire naître cette réflexion : suis-je méchante ?(l’expéditrice de cette missive était, bien évidemment, anonyme)
Oui, selon cette personne certainement “bien pensante” je suis “méchante” car je “tape gratuitement tous les jours sur les influenceuses” argumentant sa pensée par des “elles sont tellement méritantes”, “elles travaillent si dur”…. et j’en passe. Par finir par me dire que je suis “jalouse” et “vieille aigrie” (encore une qui n’a pas compris que je ne souhaite pas du tout être influenceuse créatrice de contenus digitaux).
Mon premier réflexe a été de me justifier en lui expliquant que je trouve ces femmes “indécentes” . Oui, indécentes quand elles se plaignent de leurs partenariats qui leur mettent soi-disant “la pression” en lui rappelant que certaines femmes ont des métiers vraiment difficiles payés une misère.
J’ai constaté à la vue des réponses de la personne que :
elle n’avait pas compris mes propos
elle ne voulait pas comprendre mes propos
(Je pense même que c’était une influenceuse…. cachée derrière un pseudo).
La vérité dérange
Vous êtes nombreuses à m’écrire pour me remercier car j’ose dire les choses tout haut (choses que beaucoup pensent tout bas).
Cette parole libre et engagée se paye puisque je n’ai plus du tout de travail. Avant je réalisais pas mal de reportages et d’interviews pour des marques (Longchamp, Valextra, Le Glazik, Saint James, Agatha, Yves Salomon et j’en passe…. ).
Depuis un an… plus rien.
Hier, une influenceuse se plaignait publiquement d’un rendez-vous avec son gestionnaire de fortune, au détriment d’un déjeuner de Noël.
J’en riais — jaune. Moi, j’avais rendez-vous avec mon chargé de compte pour lui expliquer pourquoi mon compte pro est dans le négatif depuis un an… chacune son combat !
Bref, j’ai le “cul” entre deux chaises (vous me pardonnerez cet écart de langage) car oui, je dois avouer, que ce n’est pas simple tous les jours : dire les choses sur les coulisses d’Instagram me place dans une position fragile.
Appréciée du public, je suis tenue à distance par la profession.
Dénoncer des abus, c’est accepter une solitude assez paradoxale : être suivie, mais mise à l’écart.
Mon année 2025 aura été, comme vous le savez, une année de repos forcé. Un temps calme qui a été parfait pour réfléchir au sens de ma parole et au message que je veux porter dans mes écrits et sur Instagram.
J’ai pris le parti de montrer et dénoncer les coulisses de l’influence, des bureaux de presse, de la mode, de la presse…
J’ai accepté la solitude que cette prise de position implique.
Mais je trouve passablement injuste …. lorsque ma parole suscite l’insulte de followers plutôt que le débat.
La plupart du temps je ne réponds pas aux critiques et messages méchants. Comme on me le dit souvent (dieu sait si je déteste cette expression), “les chiens aboient. La caravane passe”.
L’insulte sur Instagram est facile. Elle ne demande ni réflexion ni courage.
Cachés derrière un pseudo et l’anonymat, les gens s’autorisent tout : la bêtise, la violence, le jugement hâtif. Je vous passe tout ce que je peux recevoir : “tu es moche”, “tu es vieille’( ça c’est fréquent), “prétentieuse”, “autocentrée”, “minable”… je vous passe aussi les rumeurs sur ma “fausse” leucémie ou encore des critiques sur ma façon de vivre : voyages, vêtements de marques, vacances…. et j’en passe.
En fait, dans ce florilège d’insultes, ce n’est pas le désaccord qui me blesse — il est sain — mais l’absence totale de respect, de nuance, et de gentillesse.
Alors, oui, parfois, j’ai envie de poser mon téléphone et mon clavier. Je me demande pourquoi je fais cela, alors que cela ne me rapporte rien, notamment financièrement.
J’aimerais tellement ouvrir les yeux de certaines personnes.
Mais au fond, qui suis-je pour prétendre convaincre qui que ce soit ?
Car oui, ceux qui m’insultent ou me donnent des leçons de morale — cela arrive souvent — parviennent parfois à me déstabiliser.
Non, parce qu’ils ont raison, mais parce que la violence, même injuste, finit toujours par atteindre.
Je suis humaine pas héroïque !
Alors ? Suis-je méchante ?
Je ne le pense pas parce que, contrairement à mes détracteurs… je ne cherche ni à humilier ni à blesser. Je ne fais que dénoncer ce que je vois, dire ce qui me parait totalement absurde, injuste ou indécent. car oui, pour moi des femmes qui sont payées 5000 euros pour une seule story et qui se plaignent sont indécentes !
Je ne supporte plus ces femmes qui sont complètement “hors sol” et coupées de la réalité !
Ce n’est pas le conflit qui me motive, mais le refus de mécanismes mensongers qui, sur Instagram, manipulent les femmes —souvent avec la complicité d’autres femmes !
Hélas…. à force de confondre bienveillance et silence (il vaut mieux “se taire et ne pas pour ne pas faire faire de vagues”….le nombre de fois où des attachées de presse faussement bienveillantes m’ont donné ce conseil ! ), on finit par considérer toute parole franche comme une attaque ou une provocation.
Je ne suis pas méchante. Je suis juste attentive et très exigeante. Et… profondément attachée à l’idée qu’une parole honnête vaut mieux qu’un milieu qui prend les gens pour des cons..
À bon entendeur…
xx



Bonjour Valérie,
Votre conclusion est juste sublime !
Les influenceuses vulgaires et illettrées ne peuvent pas comprendre vos acquis et vos connaissances. Elle ne peuvent pas, non plus, comprendre votre allure décalée ( Que, personnellement, j'adore) car les marques veulent vendre une masse inconsidérée de leurs produits grâce à ces singes de laboratoire.
Dire ce que vous savez, pensez ou dénoncez n'est pas de la méchanceté ! Au contraire, pour moi c'est prévenir un désastre certain !
Continuez, Valérie, même si vous en souffrez. J'en suis sincèrement désolée pour vous.
Je vous embrasse
Sophie
Vous avez une parole libre qui dérange certain(e)s, mais qui nous arrange (les simples mortelles), car vous dites tout haut ce que beaucoup n'oseront jamais dire...
Pour ma part, depuis quelque temps, je me suis fait la promesse de ne plus acheter ce qui est mis en avant (je vous avoue que j'ai déjà acheté) par ces personnages, oui, ce sont parfois des figures assez anecdotiques sur les réseaux sociaux et je me suis désabonnée de plusieurs comptes.
Je ne suis pas jalouse mais j'en ai simplement assez des réseaux sociaux qui dictent nos achats. Je me sens beaucoup plus libre aujourd'hui.
Un grand merci pour cette bouffée de liberté!!