Discussion à propos de ce post

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Avatar de Zabou

Je ne crois pas que le pardon soit d'abord une affaire de réconciliation avec celui ou celle qui nous a blessés.

Léonard Laskow propose une vision très différente : le pardon n'est pas quelque chose que l'on accorde à l'autre. C'est quelque chose que l'on se donne à soi-même.

Dans cette perspective, pardonner à votre mère ne signifie pas dire qu'elle a bien agi, minimiser les blessures ou réécrire l'histoire. Cela reviendrait même à nier votre propre réalité.

La vraie question devient alors :

« Puis-je me pardonner à moi-même d'avoir porté pendant si longtemps les conséquences de ce que j'ai vécu ? »

« Puis-je me pardonner d'avoir eu besoin d'être aimée par une mère qui n'en était peut-être pas capable ? »

« Puis-je me pardonner d'avoir cru, enfant, que quelque chose n'allait pas chez moi puisque je ne recevais pas l'amour dont j'avais besoin ? »

Car c'est souvent là que se cache la blessure la plus profonde.

L'enfant ne conclut pas : « Ma mère ne sait pas aimer. »

Il conclut : « Je ne mérite peut-être pas d'être aimé. »

Laskow dirait probablement que le travail n'est pas de libérer votre mère de sa responsabilité, mais de vous libérer vous-même de la condamnation intérieure que vous portez parfois depuis des décennies.

Le pardon devient alors un acte de récupération de soi.

Pas un effacement du passé.

Pas une absolution.

Pas une obligation morale.

Simplement la décision progressive de ne plus continuer à vous faire payer aujourd'hui le prix de ce qui a manqué hier.

À partir de là, il devient même possible de ne jamais pardonner certains actes tout en se pardonnant à soi-même d'en avoir souffert.

Et je crois que c'est peut-être ce que votre texte exprime déjà.

Vous ne cherchez pas à blanchir votre mère.

Vous cherchez à regarder l'histoire telle qu'elle a été.

Or la lucidité n'est pas l'opposé du pardon.

Parfois, elle en est le commencement.

Mais d'un pardon tourné vers soi-même.

Pas vers l'autre.

Avatar de Isabelle

Ces mots … non le pardon n’est pas obligatoire, il y a des blessures que même le pardon ne peut guérir. Cependant j’ai parfois l’habitude de dire : le pardon n’est pas l’oubli . J’ai pardonné certaines choses à certaines personnes et ça m’a personnellement soulagée . Je ne sais pas si « en face » le résultat a été le même ! Parfois on semble pardonner mais je pense en ce qui me concerne que c’est plus un détachement qu’un pardon. Mais je persiste à dire que parfois non on ne peut pas pardonner et que l’on n’est pas une mauvaise personne pour autant. 😊

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